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Motivation, définition:

Petit Larousse : ensemble des motifs qui expliquent un acte.

En psychologie : processus physiologique et psychologique responsable du déclenchement, de la poursuite et de la cessation d’un comportement.

S’intéresser à la motivation, c’est se pencher sur ce qui, de façon consciente ou inconsciente, pousse un individu à penser ou agir d’une manière ou d’une autre. Derrière la motivation se cacheraient les raisons pour lesquelles certains réussissent là où d’autres échouent. Sans motivation, pas d’énergie pour atteindre un but, ni même de but établi concrètement.

Ces questionnements sur les causes du comportement humain ont d’abord été l’objet de différentes théories philosophiques avant d’être l’objet de recherches en psychologie.

Un peu de philosophie:

Dès l’Antiquité, Aristote évoque l’idée qu’il existe des passions qui guident les comportements

« J’entends par passions: le désir sensuel, la colère, la crainte, l’audace, l’envie, la joie, l’affection, la haine, le regret, la jalousie, la pitié, bref tout ce qui implique plaisir ou peine ».

Aristote, Éthique à Nicomaque. II 4, 1105b 19.

Pour Platon, l’âme serait composée de l’appétit, du cœur et de la raison, qui ensemble gouvernent les actions humaines. Épicure, quant à lui, fait du plaisir la cause centrale des comportements. Cette conception se retrouve dans l’hédonisme qui explique le comportement  principalement par la recherche du plaisir et l’évitement du déplaisir.  Cependant, alors que l’hédonisme populaire au cours du XVIIIe siècle prône la recherche du plaisir, selon Épicure  un plaisir excessif actuel doit être évité s’il conduit à une douleur future. Pour Kant, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, il existe deux sources à la motivation : la première est le devoir, la seconde est la satisfaction du désir, ou motivation sensible.

Un peu de psychologie:

Le terme de motivation est actuellement très populaire, mais n’est couramment employé que depuis la seconde moitié du XXe siècle, période au cours de laquelle la motivation a fait l’objet de nombreuses études en psychologie. Le rôle des processus motivationnels dans les changements de comportement est même devenu une question de premier plan en psychologie dans les années 1970 (arrêt du tabagisme, contrôle du poids, phobies…).

Les premières études sur la motivation se sont basées sur l’instinct (le terme d’instinct comprend au moins trois sens : comportements innés, fixes et stéréotypés/ pulsion / sixième sens). Selon McDougall (1908), l’instinct est une disposition physiologique héritée ou innée, qui induit des comportements dirigés vers un objectif.

Le débat entre l’inné et l’acquis, et la prise en compte ou non des processus mentaux, ont permis le développement de nouveaux courants théoriques, dont le béhaviorisme ou comportementalisme (1930). Pour les comportementalistes, l’ensemble des comportements humains résulteraient d’apprentissages par association. Ainsi, pour Watson par exemple, la motivation résulte toujours en premier, de facteurs liés étroitement au conditionnement, et plus précisément de différents renforcements extérieurs provenant d’un contexte (récompense/punition).

Les perspectives actuelles s’accordent sur l’existence de facteurs internes et de facteurs externes entrant en jeu, et interagissant, pour créer la motivation. On parle alors de motivation interne et de motivation externe. Nous y reviendrons dans de prochains articles.

Ce bref historique nous montre toute la complexité de ce qui motive les comportements humains. Besoins et émotions semblent bien en être les maîtres-mots.

Sources bibliographiques:

Fenouillet F., La motivation. Dunod, 2017.

Golay.A., Lagger G., Giordan A., Comment motiver le patient à changer. Maloine, 2011.

Viano C., Journal of Ancient Philosophy ISSN 1981-9471.

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